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Plusieurs manières de faire au sein d’un même pays : l’Italie

5 août 2025
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 août 2025

En Italie, les enfants peuvent rester avec leur mère jusqu’à 3 ou 6 ans, souvent dans des maisons-famille plutôt qu’en prison. L’accent est mis sur leur bien-être : crèches, activités, éducateurs… tout est pensé pour que leur quotidien soit le plus proche possible d’une enfance normale. Un modèle souple qui montre qu’on peut conjuguer peine et intérêt de l’enfant.


© Marco Bertorello - Pensée d'abord comme un espace pour les enfants du personnel, la crèche de la prison de Milan est aussi ouverte aux enfants de détenues.


En Italie, les enfants peuvent rester jusqu'à leurs 3 ou 6 ans (selon le lieu de détention) avec leur mère incarcérée, mais ce n’est pas forcément dans une prison que cela se passe. Il existe différentes catégories de lieux d’accueil pour ces femmes et leurs bébés détenus dans ces conditions si particulières.


Les ICAM, instituts de détention atténuée pour mères, appelés maisons de l’enfant, sont au nombre de cinq en Italie et représentent 60 places au total. Ils sont conçus pour accueillir les femmes enceintes et celles accompagnées d’enfants de moins de 6 ans. Introduits dans le pays en 2011, ce sont des établissements qui ressemblent davantage à des maisons familiales qu’à de véritables prisons : pas de barreaux aux fenêtres, des espaces spacieux et aménagés comme des maisons ou des crèches, pensés autour du bien-être de l’enfant. Des activités en plein air sont également proposées, ainsi que l’aide de personnel spécialisé : puéricultrices, éducateurs… Le bien-être et l’intérêt des enfants y sont placés en priorité.


Des lieux aménagés dans les établissements pénitentiaires


Comme dans le système français, cette deuxième catégorie de lieux dédiés à l’accueil de ces enfants est constituée de zones aménagées au sein d’établissements pénitentiaires classiques. Ces zones ont été pensées dès la création des prisons ; elles ont été conçues et étudiées pour inclure les plus petits au mieux dans la prison. Les enfants peuvent y rester jusqu’à l’âge de 3 ans avec leurs mamans.


Le premier rapport sur les femmes détenues en Italie indique : « Les lieux prévus à cet effet sont principalement les sections maternelles, de petits espaces de détention situés au sein de la prison. Ces espaces sont généralement séparés du reste de la section, avec des pièces plus grandes et mieux entretenues, des murs colorés et du matériel de puériculture (berceaux, tables à langer, etc.). Certaines crèches sont mieux équipées que d’autres, avec des aires de jeux intérieures et extérieures, des bibliothèques avec des livres pour enfants et de petites cliniques. »


Des établissements pénitentiaires non conçus pour les enfants


Certains quartiers pour femmes au sein des prisons classiques ne disposent pas de crèches spécifiques, mais de quelques espaces où sont placées les mères avec leurs enfants. Le séjour dans ces établissements est censé être très court, en attente d’un transfert ou d’une suspension de condamnation ; c’est une solution provisoire.


En Italie, le système n’est pas figé : selon les peines et les individus, tout est fait pour que l’enfant puisse évoluer en priorité dans les ICAM. Les autres solutions sont considérées comme temporaires.


Cette manière de faire, plus souple et centrée sur le bien-être de l’enfant, présente de nombreux avantages. Ce dispositif réduit les ruptures potentiellement traumatiques à l’âge de l’attachement (0-6 ans), contrairement au système français où la séparation est forcée à 18 mois. Il est conçu autour du développement social et psychologique : présence d’éducateurs, ateliers, sorties et activités extérieures — des pratiques encore embryonnaires dans l’aile mère-enfant française.


Il a été observé que ces enfants présentent moins de troubles du langage et une meilleure socialisation que ceux évoluant dans des cellules mère-enfant.


La France, un exemple à l’international Bien que notre manière de faire ne soit pas idéale en tous points, la France reste un exemple dont certains pays veulent s’inspirer. Angela Pinto da Rocha, psychologue en périnatalité au centre hospitalier Sud Francilien nous confie : « J’ai été invitée au Brésil à Rio parce qu’ils voulaient améliorer les conditions de détention des mamans et des bébés. Et en fait, ils se sont inspirés de ce qu’on faisait à Fleury-Mérogis. Ils trouvent ça intéressant, l’idée de faire sortir les enfants, d’avoir des espaces de jeux et un jardin. Pour eux, c’était quelque chose d’innovant. Je suis allée à Bamako et la prise en charge n’est pas du tout la même, et les femmes détenues nous disent qu'il vaut mieux être incarcéré ici (en France) que dans leur pays . »

Pour résumer, le principe n’est pas de supprimer la peine judiciaire mais de la rendre purgeable dans un cadre humain, en faisant passer le principe de l’intérêt de l’enfant, avant la détention de sa mère. Depuis 2023, le Parlement européen recommande non seulement la mise en place d’unités parent-enfant, mais insiste sur la garantie de « sécurité, dignité et développement » de l’enfant incarcéré avec son parent. Il est désormais essentiel que le système français adopte un cadre protecteur centré sur l’enfant, inspiré des meilleures pratiques internationales — telles que les maisons-famille, les unités parent-enfant semi-ouvertes ou les dispositifs d’aménagement de peine — afin que l’intérêt supérieur du très jeune enfant prime plus que la mission de détention de sa mère.


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